L’une des découvertes les plus importantes dans l’histoire de la science est la découverte des vaccins. L’un des buts de la science et de la recherche est d’améliorer la vie de l’Homme. Cependant, ces dernières années, la rumeur court que les vaccins peuvent être à l’origine d’autisme. Afin de comprendre comment agit le vaccin, il faut d'abord s’intéresser à la lutte du corps contre la maladie.

Quand des virus ou des bactéries envahissent notre corps, ils prolifèrent et attaquent l’organisme. On parle dans ce cas là d’infection. L'infection est la cause de la maladie et des signes cliniques. Le système immunitaire utilise plusieurs moyens afin de combattre l'infection ; le sang contient des  globules rouges, qui transportent de l'oxygène aux tissus et aux organes, et des leucocytes (ou cellules immunitaires), qui combattent l'infection. Les leucocytes contiennent principalement des lymphocytes  B, T et des macrophages. La première fois que le corps fait face à une bactérie ou à un virus, cela lui prend plusieurs jours avant qu'il ne crée les moyens qui lui sont nécessaires afin de lutter contre la bactérie ou le virus.  Après l'infection, le système immunitaire "se souvient" (une réponse immunitaire mémoire) des moyens qu'il a utilisés afin de défendre le corps d'une maladie particulière.  Le corps préserve un nombre de lymphocytes T qui s'appellent des cellules à mémoire, qui sont plus efficaces et plus rapides dans lutte contre l’agent pathogène ou cellules infectées à chaque fois que le corps encontre à nouveau cette bactérie ou ce virus.  Quand des antigènes connus sont découverts, les cellules à mémoire activent les cellules B qui produisent les anticorps adaptés à leur destruction.

Le mode de fonctionnement des vaccins

Le vaccin aide à développer une immunité grâce à une simulation d'infection. Ce type d'infection n'engendre pas de maladie, mais il pousse cependant au système immunitaire à produire des lymphocytes (B et T) et des anticorps. Parfois, après un vaccin, l'infection simulée risque de générer l'apparition de légers symptômes, comme de la fièvre. Ces légers symptômes sont un phénomène normal et il faut s'y attendre lorsque le corps construit une immunité.  Dès que l'infection simulée disparaît, le corps reste avec un stock de cellules à mémoire, qui se souviendront, à l’avenir, de la manière de lutter contre la maladie. Cependant, le corps a généralement besoin de plusieurs semaines après le vaccin afin de produire des cellules B et T mémoires. Par conséquent, il est possible que l'individu qui a été contaminé par une maladie peu de temps après avoir reçu le vaccin ou immédiatement après, développera des symptômes et sera contaminé par la maladie, le vaccin n'ayant pas eu le temps de fournir une défense. 

Un bénéfice individuel, mais aussi collectif

La diffusion d’une maladie contagieuse au sein d’une population est directement liée à la proportion de sujets susceptibles de la contracter : ainsi, plus le nombre de personnes vaccinées augmente, plus le risque de transmission diminue. Le pathogène cesse alors de circuler dans la population. Une telle protection de groupe protège donc les sujets vaccinés, mais aussi les non vaccinés. Parmi les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées il y a : les nouveau-nés, les femmes enceintes, et les personnes qui souffrent des maladies immunodéficiences.

 

Figure 1. L’induction d’immunité après vaccination. (A) Les pathogènes comme les bactéries ou les virus présentent à leur surface des signaux de reconnaissance(les triangles verts) reconnues par les cellules immunitaires. (B) Les vaccins contiennent les antigènes tués ou atténués, contre lequel on veut protéger l’organisme. (C) Apres injection d’antigènes notre système immunitaire produit des anticorps spécifiques contre les antigènes injectés (Y). (D) Si une infection par le même pathogène arrive, notre système immunitaire va réagir en mettant en place les cellules mémoire de l’immunité et des anticorps qui sont plus efficaces et plus rapides que les cellules primaires.

Est-ce que les vaccins provoquent d’autisme?

L’inquiétude a surtout été vive parce que c’est un médecin anglais Andrew Wakefield, qui a   alerté le premier l’opinion publique en 1998. Il avait vu à sa consultation une douzaine d’enfants avec un autisme de type régressif et des troubles digestifs, dont certains avaient commencé juste après une vaccination ROR (rougeole -rubéole- oreillons). Il a donc craint que la vaccination combinée ait pu être à l’origine des troubles de ces enfants. En étudiant les biopsies intestinales de ces enfants, ce médecin a trouvé ce qui lui semblait être des particules virales de type rougeole plus fréquemment que chez des enfants contrôles. Il a donc fait l’hypothèse  que l’augmentation des cas d’autisme observée au cours des 15 dernières années pourrait découlé de la vaccination combinée rougeole-oreillons-rubéole, qui provoquerait un type particulier d’autisme régressif associé à des troubles digestifs. Il a donc fallu faire des études contrôlées en vérifiant tous les cas pour vérifier ou contredire cette hypothèse, ce qui a nécessité plusieurs années. Mais les données médicales sont maintenant suffisantes pour que tous les comités d’experts indépendants (comme ceux en Finlande et Danemark en 2002 et en Japon en 2005) aient conclu que la vaccination ROR ne provoquait pas d’autisme.

En 2014 des scientifiques australiens ont analysé les résultats de 10 études des années précédentes dont 1.2 million d’enfant avaient participé, et ont montré qu’il n’avait pas une corrélation  entre la vaccination et l’autisme. Récemment une autre étude réalisée en avril de 2015 aux Etats Unis a montré  aussi que les vaccins ne causent pas d’autisme même pour ceux qui sont prédisposés génétiquement de développer l’autisme. En 2004 le journaliste Brian Deer a mené une longue enquête. Il affirme que non seulement Andrew Wakefield a commis des fautes professionnelles graves, mais qu’il les a commises sciemment et pour en tirer profit. Il a révélé également que les dossiers médicaux des 12 enfants participant à l’étude de 1998 ont été falsifiés.

Les arguments contre les découvertes de Wakefield ont fait qu’en janvier 2010, Wakefield fut radié du registre médical (c'est-à-dire renvoyé de l'Ordre des Médecins) et n'est plus autorisé à exercer la médecine au Royaume-Uni.

S’il n’y a aucun risque, pourquoi a-t-on accusé le vaccin ROR de pouvoir provoquer l’autisme?

Il y a plusieurs raisons qui ont contribué à cette accusation.Comme l’autisme est généralement diagnostiqué dans la 2eme année de vie, et que le vaccin ROR est le vaccin le plus souvent donné à cet âge, cela a pu faire croire à une relation entre les deux. Mais il est maintenant démontré qu’il s’agit d’une simple association due au hasard. Une importante étude effectuée au Japon bat une fois de plus en brèche l'hypothèse qu'il existe un lien entre l'autisme et le vaccin. Il s'agit de la première fois qu'est mesurée la prévalence de l'autisme au sein d'une population qui n'a pas reçu le vaccin. Les résultats de cette enquête, publiés dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry en 1993, montrent que le nombre de cas d'autisme a continué d'augmenter après que le programme de vaccination a été interrompu. Puisque la prévalence de l'autisme n'a pas régressé à la suite du retrait du vaccin et qu'elle s'est même amplifiée, il apparaît de plus en plus évident que le lien entre le vaccin ROR et l'autisme ne tient plus !

 

Figure 2. Les vaccins ainsi comme toutes les autres découvertes biomédicales ont leurs bénéfices et aussi leurs effets secondaires. La science a montré par plusieurs reprises que les vaccins ne provoquent pas d’autisme et au contraire les bénéfices des vaccins sont multiples par rapport aux effets secondaires. De toute façon aujourd’hui il y a toujours des questions qui se posent concernant les vaccins. Les gens continuent avoir des doutes et hésitent parfois à vacciner leurs enfants même si les résultats scientifiques ont montré qu’il n’a pas de lien entre la vaccination et l’autisme.

 

COPYRIGHT: Tous droits réservés à We Speak Science, association à but non lucratif créée par Dr. Detina Zalli (Queen Mary University of London; ancien Harvard University) et Dr. Argita Zalli (Imperial College London). Cet article a été traduit par Kamela Nikolla (Ecole Normale Superieure de Lyon et Université Claude Bernard Lyon1).

 

RЕFERENCES:

1.http://sitn.hms.harvard.edu/flash/2016/to-vaccinate-or-not-to-vaccinate-searching-for-a-verdict-in-the-vaccination-debate/
2.http://www.parents.com/health/vaccines/controversy/8-reasons-parents-dont-vaccinate-and-why-they-should/
3.http://www.nytimes.com/2015/09/18/upshot/not-up-for-debate-the-science-behind-vaccination.html?_r=0
4.https://en.wikipedia.org/wiki/MMR_vaccine
La source des images:
1.Fig 1. http://sitn.hms.harvard.edu/flash/2016/to-vaccinate-or-not-to-vaccinate-searching-for-a-verdict-in-the-vaccination-debate/
2.Fig 2. https://celiac.org/celiac-disease/understanding-celiac-disease-2/celiac-disease-vaccinations/